Working Paper: Justice et géopolitique : Approche méthodologique de l’affaire de la suspension du juge Baltazar Garzón en Espagne pour son instruction du dossier de la répression franquiste. (rédaction août 2010)

Vendredi 14 mai 2010, Le Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ) espagnol a suspendu le juge Baltasar Garzón de ses fonctions. Cette mesure fait suite à la décision prise deux jours auparavant par un magistrat du Tribunal suprême d’ordonner l’ouverture d’un procès contre le juge pour « prévarication » (abus de pouvoir)   après qu’il s’est déclaré compétent pour enquêter sur les crimes amnistiés du franquisme. Cet événement a fait grand bruit en Espagne, dans les milieux judiciaires internationaux, parmi les Organisations non gouvernementales spécialisées dans la défense des droits de l’Homme.

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 Droit/Géopolitique/Philosophie

Ida Caracciolo, Full Professor of International Law, University of Naples 2.

Barbara Loyer, professor, director of Institut Français de Géopolitique, Paris 8 university

Rebecka Lettevall,  Associate professor (docent) of History of Ideas, Pro-Vice-Chancellor Södertörn University, Stockholm

Multidisciplinary study on the geopolitical aspect of the concept of « crimen iuris gentium » through the example of judge Garzón affair in Spain

Introduction

Naples II, Paris 8 and Södertörn universities are associated in a experimental thought process to analyze conflictual issues in Europe. The three universities are committed in developing a common pluridisciplinary methodology on a doctoral level. Juridical, geopolitical, and philosophical points of view, are gathered here in a common article.

Law experts reform legal corpus according to an internal logic of law but also depending on power relationships,  within the states or in the international forums. These power relationships are not only warlike. They depend on public opinions, which are more and more often represented by NGOs. The interests and modes of acting of states and public opinion can be analyzed in order to understand the reasons why law interpretation in a certain country might seem legitimate at some moment, and not legitimate at another. The pluridisciplinary aspect of the academic investigation will be illustrated with an exemple : the concept of crime against humanity in the case of the Garzón affair in Spain.

Friday 14 of May 2010, the General Council of the Judicial Power of Spain (CGPJ)  suspended the judge Baltazar Garzón from his office for abuse of power by opening an investigation of war crimes or crimes against humanity alleged for having been committed during the Spanish civil war and during the Franco regime. This event made a great fuss in Spain, but also in the international judicial circles and among NGOs defending human rights.

The affair puts various questions : is the reasoning of the judge in concordance with contemporary jurisprudence ? Why does this issue arise now  in Spain ? Ida Caracciolo writes on the first aspect of the problem, Barbara Loyer on the second one. Beyond their cyclical aspect, Geopolitcal debates on law have a  broader ethical and philosophical scope. Rebecka Lettevall concludes the article with this approach.

Justice and geopolitics I.Caraciolo B.Loyer R.Lettevall

 

 

 

 

 

 

 

 

Une minorité est une population qui se représente elle-même comme distincte de l’ensemble de la population d’un pays, ou qui est vue comme telle par la majorité. La minorité est parfois maltraitée, mais elle a aussi dans certains cas le pouvoir d’opprimer. Les colons européens ou les blancs d’Afrique du sud étaient des minorités ayant mis en place un système de domination à leur profit. Le pouvoir syrien est tenu par une communauté confessionnelle musulmane minoritaire, les alawites, qui a su s’imposer au cœur de l’État. Ce n’est donc pas le nombre des personnes qui détermine la force ou la faiblesse du groupe, mais sa dynamique interne, sa capacité à mettre en œuvre des stratégies de pouvoir.

Les Chrétiens de l’empire ottoman jouissaient d’un statut de communauté religieuse protégée. Au début du XIXe siècle, des courants politiques en leur sein ont choisi de se conformer au modèle géopolitique de l’État nation en mettant l’accent sur  leur aspiration à s’autodéterminer. Elles sont alors devenues des minorités nationales menaçantes pour l’Empire parce qu’elles revendiquaient une part de son territoire.Extrait de l’Atlas des Minorités, Hors Série, Le Monde

Une minorité est une population qui se représente elle-même comme distincte de l’ensemble de la population d’un pays, ou qui est vue comme telle par la majorité. La minorité est parfois maltraitée, mais elle a aussi dans certains cas le pouvoir d’opprimer. Les colons européens ou les blancs d’Afrique du sud étaient des minorités ayant mis en place un système de domination à leur profit. Le pouvoir syrien est tenu par une communauté confessionnelle musulmane minoritaire, les alawites, qui a su s’imposer au cœur de l’État. Ce n’est donc pas le nombre des personnes qui détermine la force ou la faiblesse du groupe, mais sa dynamique interne, sa capacité à mettre en œuvre des stratégies de pouvoir.

Les Chrétiens de l’empire ottoman jouissaient d’un statut de communauté religieuse protégée. Au début du XIXe siècle, des courants politiques en leur sein ont choisi de se conformer au modèle géopolitique de l’État nation en mettant l’accent sur  leur aspiration à s’autodéterminer. Elles sont alors devenues des minorités nationales menaçantes pour l’Empire parce qu’elles revendiquaient une part de son territoire.

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L’institut Français de Géopolitique est heureux de vous inviter à  une journée d’études sur ‘l’Espagne au lendemain des élections locales » organisée en collaboration avec l’université de Marne La Vallée à l’Institut Cervantes de Paris.

La défaite du Parti socialiste et l’excellent résultats des indépendantiste basques, la croissance de l’extrême droite catalane, ouvre des perspectives d’avenir complexes. L’irruption des indignés suscite des réflexions nouvelles dans un contexte de crise économique très profonde.

Le matin, quatre jeunes chercheurs de l’IFG présenteront leurs cartes et analyses des résultats électoraux à l’échelle de l’Espagne, mais aussi des communautés autonomes, des villes et des quartiers, pour s’approcher au plus près des enjeux. L’après midi sera consacrée à l’impact de la crise économique sur l’Espagne contemporaine. Un buffet espagnol sera offert pour le déjeuner, sur place, dans le café Cervantes.

Inscriptions: nbaron@univ-mlv.fr

programme 6 juin 2011

Cervantes 6 juin

Ouvrage collectif dirigé par Béatrice Giblin, Editions Larousse, 2009, 480 p
Depuis plusieurs années, les banlieues font régulièrement la une de l’actualité : Clichy-sous-bois, Villiers le Bel, La Courneuve, Vaux en Velin, autant de noms qui ont défrayé la chronique et dressent une image bien sombre des banlieues. Pour la première fois, un dictionnaire tente de faire la part des choses et de montrer toute la complexité du phénomène, loin des discours répressifs ou du politiquement correct.

Armand Colin 2007

La violence des attentats du 11 mars 2004 à Madrid a choqué l’opinion. Le terrorisme aveugle des islamistes, massivement meurtrier ce jour-là, ravivait du même coup le souvenir du terrorisme des nationalistes basques, cette violence récurrente vieille de trente ans. L’Espagne vit ainsi des tensions internes qui menacent de la fragmenter. Les nationalistes basques et catalans exercent en effet une pression constante afin d’obtenir une autonomie toujours plus large. Les bilinguismes contribuent à l’écartèlement du territoire. L’eau devient un enjeu pour le développement agricole, touristique ou urbain, au point de créer de vives rivalités interrégionales. Certains en viennent à vouloir une Espagne fédérale… Néanmoins, les facteurs d’unité ne manquent pas, du projet européen à la personne du roi, de l’essor du réseau TGV au rayonnement culturel mondial. L’auteur présente les fondements complexes de la nation espagnole, comme des nationalités qui la composent, et les solidarités qui lient les citoyens entre eux. Autant de questions aujourd’hui à vif pour nombre d’autres Etats européens : le rapport entre les langues et les territoires, l’enjeu du partage de l’eau, la question de l’immigration.

332 p.

Compte-rendu : Cliothèque

Compte rendu : Observatoire du communautarisme

Compte-rendu : Alternatives internationales

Compte-rendu : Magazine diplomatie

Ouvrage collectif sous la direction de Béatrice Giblin, 976 p.

En deux décennies la France a considérablement changé, et ce sont ces changements que les auteurs ont analysés selon une approche géopolitique. Sur le plan de l’organisation politique et administrative, la mise en place de la régionalisation a profondément fait évoluer les rapports de pouvoirs entre les différentes collectivités territoriales, communes et départements, en bien comme en mal selon les situations. Quoi qu’il en soit, il aura fallu à peine moins de vingt ans pour que ce nouveau territoire de pouvoir s’installe dans le paysage politique français.

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Chapitres : Bretagne, Pays de la Loire, Aquitaine : B.LOYER

Harmattan 1997 disponible en e.bookLe  » problème basque  » est souvent présenté comme la traduction d’un affrontement séculaire entre le peuple basque, dont l’organisation armée E.T.A. serait le défenseur, et un Etat espagnol oppresseur et dominateur. L’E.T.A. ne représente qu’une petite partie de ce peuple et affronte ouvertement les nationalistes basques qui s’opposent à la lutte armée et défendent le système politique espagnol actuel, même s’ils souhaitent le transformer. Ce livre, issu d’une thèse dirigée par Yves Lacoste, décrit les fondements historiques et culturels de la situation au Pays basque (y compris en France). Il s’attache tout particulièrement à montrer la diversité des opinions politiques des citoyens basques, dont certains sont d’ardents défenseurs de l’Espagne. Il permet de prendre la mesure de la singularité de la nation espagnole et de son face à face, sur son territoire, avec des nations concurrentes

415 p.

Disponible en e-book

E.T.A. annonce un cessez-le-feu – Interview bfm tv

Visionnez:  Interview bfm tv

Publié le 6 septembre 2010

Le terme « identité » renvoie à une réalité à la fois subjective et sociale que les sociologues définissent en expliquant qu’elle englobe les éléments partagés par un sujet avec les membres d’un groupe d’appartenance et permettant de l’identifier de l’extérieur. Ils rappellent son caractère prescrit : on ne naît pas avec une identité essentielle, on l’acquiert. En géopolitique, l’« identité » est un concept qui empêche de penser l’objet de l’analyse, à savoir les rivalités de pouvoir sur des territoires. Ce terme traduit en effet un sentiment subjectif sur lequel l’analyse géopolitique n’a pas à s’interroger. Il apparaît en revanche comme une représentation géopolitique dès lors qu’il est employé dans un discours collectif et entre dans un argumentaire politique, en devenant dès lors un élément de stratégie politique.

Lire la suite de l’article dans le numéro « Grande Europe » revue en ligne de la Documentation Française sur les pays européens

Territoires, identités en conflit, n° 28, janvier 2011